HUMANITAS

 

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HUMANITAS a été fondée en mai 2008 par le Docteur Gabriel MECHERI afin de développer des approches humanistes en formations, pratiques et recherches. HUMANITAS met en avant les valeurs que recouvre le vocable «humanitas»  tel qu’il a pris tout son sens sous l’impulsion de Cicéron.  HUMANITAS oeuvre pour que ces valeurs figurent au premier rang des principes qui gouvernent les rapports entre les êtres humains.

Bien que prioritairement engagée dans le développement des approches humanistes en médecine, HUMANITAS soutient toute démarche visant à promouvoir « l’humanitas ».

Elle se plaît à rappeler que cette notion recouvre un très vaste champ de qualités humaines, qui n’a pour limite que la capacité altruiste de l’homme: la civilité, la politesse des mœurs, le savoir-vivre, la considération pour les autres, l’aménité, le respect de la faiblesse, la fraternité, la charité, la justice, l’amour, la bonté, l’indulgence, la bienveillance, l’empathie, la compassion, l’attention, le respect de la personne humaine, la commisération, la solidarité, le soin attentif, le soutien, l’aide, la foi dans les capacités de l’homme à pouvoir aussi œuvrer pour le bien-être de la société ou dans sa capacité à faire aussi des découvertes bienfaitrices.

En réunissant des professionnels de santé, de formation, de recherche et des directeurs d’établissement, HUMANITAS a pour but:

1.  D’assurer des formations transdisciplinaires fondées sur l’humanisme en médecine, considérant que le sujet malade prend toute sa dimension d’être souffrant et conserve toute sa qualité et sa dignité.

2. De contribuer à la recherche et à la transmission des connaissances, d’une part dans le domaine des sciences de la vie et neurosciences, et d’autre part dans le domaine des sciences humaines.

3. De travailler à l’ouverture de la médecine à l’intérieur d’elle-même en décloisonnant les spécialités pour converger vers les fondements humanistes de la pratique professionnelle. Oeuvrer aussi à l’ouverture de la médecine vers les autres champs d’humanisme. Ouvrir l’association vers des unions ou fédérations d’associations.

4.  De contribuer à la lutte contre les maladies mentales et l’alcoolisme, et plus généralement à l’amélioration de la santé des personnes, du vivre ensemble et de la santé publique.

5. De contribuer à la protection des mères et des enfants ainsi qu’à l’éducation sanitaire de la population en organisant des actions de soutien et d’information aux familles.

6. De rechercher, en concertation avec toutes les personnes physiques et morales qui le souhaitent, la qualité des soins pour la qualité de la vie.

7. D’apporter aux membres toute aide utile à leur activité professionnelle et au développement de leur savoir, de leur savoir-faire et de leur savoir être dans la prise en charge de la douleur physique et psychique, à tous les âges de la vie.

8. D’étudier et de contribuer au fonctionnement de toute modalité de coordination entre formation initiale et formation continue à travers l’évaluation des pratiques professionnelles et l’analyse des besoins en formation complémentaire.

9. D’entreprendre toutes recherches multidisciplinaires visant à soulager les personnes souffrant de maladies mentales, d’addictions ou des conséquences du stress professionnel.

 

Autour du concept d’humanitas

Préambule

Très en vogue de nos jours, les mots « humanisme », « humanité », « humanitaire », ainsi que d’autres termes apparentés – venant tous du latin humanus, propre à l’homme – sont bien souvent employés à tort et à travers.

Le flou, la confusion, que l’on constate dans l’utilisation des mots dérivés d’humanus pourraient être attribués à l’usure du temps car il est vrai qu’ils sont liés à l’évolution de la pensée tout au long de plus de plusieurs millénaires de culture et d’histoire.

Un autre point de vue peut conduire à penser que la cause de ce laisser-aller langagier tient au fait que nous avons affaire à un « salmigondis » lexical : en effet, quels liens existent-ils entre les notions d’ « humanités » classiques (étude du latin et du grec), d’« humanisme » renaissant, de  « crime  contre l’humanité », ou d’« humanitarisme » compris comme l’ensemble    des    engagements     modernes     que     l’on     regroupe     sous     le     nom d’ « humanitaire »(1).

Le mot « humanisme » en particulier est mis à toutes les sauces, et l’on peut s’interroger sur le sens qui lui est donné par ceux qui l’emploient aujourd’hui pour ponctuer à l’envi leurs discours, qu’ils soient politiques, religieux ou journalistiques. C’est le constat que font les spécialistes de la question quand ils déclarent que le terme d’«humanisme » est « l’un de ceux sur le sens desquels personne ou à peu près ne s’entend vraiment. » (2),(3), ou bien que  « le  mot  « humanisme »  est  aujourd’hui  une  « notion   particulièrement galvaudée »(4),(5).

Il est bien évident que l’ensemble des termes procédant d’humanus n’a pas l’exclusivité des mauvais traitements infligés au langage, tant le phénomène est banal. Pourquoi, dès lors, devrait-on s’arrêter particulièrement sur la famille des mots inspirés d’humanus ?

La réponse n’est pas à chercher à la surface des choses. Cet ensemble de vocables, tous constitués d’une même pâte « humaniste », sont beaucoup plus que de simples éléments de vocabulaire. En effet, il paraît tout à fait essentiel de rappeler que « l’humanisme », concept qui, vu du petit bout de la lorgnette, peut paraître, à nos yeux, émoussé ou imprécis, est en vérité un trait fondamental de la civilisation (6). Aussi, n’est-il pas d’un intérêt subalterne de s’attarder sur le bon usage de ces termes tous fondus dans le même creuset culturel. C’est ce que vise à faire le présent exposé.

Pour bien cerner ce dont il s’agit, il faut se référer au long cheminement de cette civilisation qui laisse émerger les emplois successifs des termes « humanitas », « humain », « humanité », « humaniste », «humanitaire », « humanisme », tous inséparablement liés entre eux par une commune référence au latin humanus.

Dans la présentation qui suit, la parole a été laissée aux lexicographes (7). Eux seuls, semble-t-il, peuvent nous apprendre, avec précision et sans vaines digressions, quand, et avec quelle signification, sont apparues dans le temps les occurrences de tous ces vocables qui s’apparentent à celui d’humanisme.

L’étude remontera les siècles en partant du mot le plus récent, «humanisme», pour s’achever sur la notion la plus ancienne, celle d’«humanitas ».

Humanisme

Ce nom masculin est attesté isolément en 1765 avec le sens de «philanthropie », « estime et amour général de l’humanité ». Il est alors en relation avec humain et humanité au sens latin de «bienveillant, bienveillance ».

L’emploi du mot reste rare jusqu’au milieu de XIXè s. Dans son édition de 1866 – 1876, le Grand Dictionnaire Universel de Pierre LAROUSSE, en donne encore une définition étroite :
«Culte, déification de l’humanité » : « l’humanisme est une religion aussi détestable que tous les théismes d’antique origine » (Proudhon). »
C’est seulement dans le dernier quart du XIXè s. que vont se dessiner les significations admises de nos jours.

▪    Humanisme , dérivé de « humaniste », est repris vers 1840 (1846, Proudhon), probablement sous l’influence de l’allemand humanismus « humanisme ». Il désigne alors la doctrine qui prend pour fin  la personne humaine et son  épanouissement, doctrine qui s’attache à « la mise en valeur de l’homme » par les seules forces humaines (8). Puis, le mot prendra peu à peu un des sens qu’on lui connaît aujourd’hui pour désigner une position philosophique qui met l’homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs (9).

▪    A partir de 1877, le mot apparaît avec le sens de mouvement représenté par les humanistes de la Renaissance (10),(11). Il désigne le courant littéraire et intellectuel qui, associé au réveil des langues et des littératures anciennes, porta, au XVè s. et XVIè s., les érudits à une connaissance passionnée, exacte et aussi complète que possible des textes authentiques et de la civilisation de l’Antiquité classique (12).

▪    (1877). Formation de l’esprit humain par la culture littéraire ou scientifique (13).

Humanitaire

▪    Cet adjectif est relevé en 1835, avant la période où l’usage du mot « humanisme » se répand. Il a alors le sens de « qui vise au bien de l’humanité ». Propre à la période romantique, il signifie philosophie, système humanitaire mais aussi, organisation philanthropique et humanitaire(14). Le mot a été employé péjorativement au XIXè s. (15), d’où le dérivé « humanitairerie » (1836 Musset), aujourd’hui sorti d’usage.

▪    Par suite, l’adjectif humanitaire a pris un sens plus précis, à propos des activités d’intervention dans un conflit ou une situation  d’urgence, entreprises pour assister les populations, sauver des vies humaines. Les associations et organisations humanitaires sont souvent non gouvernementales (ONG) ; les interventions peuvent relever du droit d’ingérence. Humanitaire peut aussi qualifier des réalités concrètes liées à ces activités (convoi, corridor, couloir humanitaire) .

▪    Le mot s’emploie aussi comme nom, soit à propos de l’ensemble des organisations humanitaires et des actions qu’elles mènent, soit pour désigner un membre d’une organisation humanitaire.

Humaniste

▪    Le mot est apparu comme nom à la fin du Moyen Âge. Dérivé de humanus, humanista, terme du latin médiéval (attesté à la Renaissance en 1539), désigne d’abord le professeur de grammaire et de rhétorique (12), puis un lettré qui a une connaissance approfondie de la langue et de la littérature antiques, grecques et latines, domaines dont l’étude est appelée studia humanitatis, et plus tard en français, « humanités » (16).

▪    Ce n’est qu’au XVIIè s.(1677) qu’ « humaniste » devient le nom donné aux lettrés de la Renaissance qui se consacraient à l’étude des auteurs antiques, les studia humanitatis (Lefèvre d’Etaples, Guillaume Budé, Robert Estienne, grands humanistes français) (17), et, au siècle suivant (1740), désigne ceux qui enseignent les « humanités » (1740).

▪    Au XIXè s., « humaniste » devient adjectif (1848) avec le sens de relatif aux humanistes de la Renaissance (18), aux humanités. Mouvement, doctrine humaniste. Etudes humanistes (humanités).

▪    A la fin du XIXè s., (1873), le nom « humaniste » prend aussi le sens de partisan de l’humanisme philosophique, « penseur qui prend l’homme comme valeur suprême ». L’adjectif caractérise ce qui est relatif, conforme à l’humanisme philosophique. Conception humaniste. Philosophies humanistes (19).

▪    Au cours du XXè, son sens s’étend à la désignation des personnes qui se réclament de l’humanisme au sens large, qui prennent l’homme pour fin (20).

Humain

▪    Emprunté au latin humanus (de homo « homme ») dont le sens est « propre à l’homme », (ce qui englobe « cultivé », « policé », « bienveillant », etc.), l’adjectif « humain » apparaît vers 1150 en reprenant le sens de « propre à l’homme » (21),(22).

Puis, par extension (v.1165), « ce qui possède les caractéristiques de l’homme », « l’être humain » (23),(24).

C’est également depuis le XIIè s.(1175) que l’adjectif se dit pour « formé, composé d’hommes », la race puis l’espèce humaine (25).

Il est aussi employé avec la nuance de « qui est relatif à l’homme , qui lui est propre ». L’erreur est humaine, La Comédie humaine de BALZAC.

▪    Encore attribué à l’adjectif, le sens de « bienveillant », réemprunté au latin, est attesté vers   1200.   Il   est   encore   d’usage   de   nos   jours :   « qui   est   sensible   à   la   pitié », « compréhensif », « compatissant » (26),(27).

▪    A partir du XIVè s. (1340), « humain » s’emploie comme nom, au pluriel, pour « les hommes » (28).

Plus rare au singulier, le nom indiquera « ce qui est humain », « l’homme et ce qui appartient à l’homme » (29),(30).

▪    Le nom sera employé au singulier dès le début du XVIIè s. pour désigner ce qui appartient à l’homme (l’humain opposé au divin) et, dans le vocabulaire  religieux,  l’adjectif s’appliquera à ce qui est conforme à la nature humaine, en tant qu’imparfaite (1671), d’où moyens humains « moyens pour parvenir au salut sans la grâce » (1690).

Egalement au XVIIè s., l’adjectif « humain » va signifier « qui a l’homme pour objet » (1661, RABELAIS, les lettres humaines, « la littérature profane » par opposition aux Ecritures) ; il a aussi signifié « cultivé » (1636).

▪    (Fin XIXè s.). En parlant d’une personne en qui se réalise pleinement la nature humaine dans ce qu’elle a d’essentiel et d’universel (31).

▪    L’adjectif s’applique aussi à « ce qui concerne l’homme en tant qu’objet de savoir ». Les sciences humaines. Le syntagme, qui oppose plus ici l’humain au divin, prend la valeur de savoir humain et non pas inspiré.

Humanité

Le  mot,  attesté  (vers  1119)  avant  celui  « d’humain »,  est  emprunté  au  latin  classique humanitas, notion qui, caractérisant ce qui est propre à l’homme, signifie, tout à la fois, «ensemble des caractères qui définissent la nature humaine », «sentiment de bienveillance » et «culture » (cf ci-après humanitas). Ces différents sens sont encore usités aujourd’hui.

▪    Le premier sens donné au mot latin (humanitas, essence de l’homme, nature humaine) est en usage de nos jours en sciences humaines. En philosophie, théologie, il désigne le caractère de ce qui est humain, la nature humaine. (Humanité et animalité de l’homme. Humanité et divinité de Jésus-Christ). En anthropologie, il signifie caractère humain (« Les critères fondamentaux de l’humanité »).

Voir ci-dessous (32) des significations dérivées qui sont depuis longtemps passées d’usage.

▪    Le second sens – bienveillance – (apparu vers 1170) est très couramment employé aujourd’hui. Sentiment de bienveillance envers son prochain, compassion pour les malheurs d’autrui,  bonté,  charité,  pitié,  sensibilité,  clémence,  douceur,  indulgence,  humainement ( Traiter quelqu’un avec humanité). L’humanité de quelqu’un, d’un autre, d’une réaction. Sentiment d’humanité, mouvement, geste d’humanité (générosité). Un homme plein d’humanité, qui comprend ses semblables, fait le bien (philanthrope) (33). Siècle sans humanité. Traiter un coupable, un prisonnier avec humanité.

▪    Le sens d’ensemble des hommes, le genre humain, les hommes en général est courant aujourd’hui. Bien qu’apparu vers 1450, il est rarement attesté avant le XVIIè s., époque où humanité prend d’autres valeurs influencées par celles du mot de la Renaissance, humaniste (voir ci-dessus).

▪    Humanité s’emploie, d’abord au singulier (1615, Pasquier), puis au pluriel, pour « langue et littérature grecques et latines » et pour leur étude (1671, faire ses humanités, cf début XVIè, le latin moderne studia humanitatis). Bien que vieilli, il désigne encore de nos jours les études de lettres classiques.

Humanitas

En latin, humanitas signifie « nature humaine, cultivé ». Apparue chez les Romains au cours du 1er siècle avant J.C., l’on s’accorde à reconnaître que Cicéron a été celui qui a donné tout son sens à cette expression.

A l’origine, le substantif humanitas ne désigne pas « l’humanité » au sens de « ensemble des être humains », « genre humain », mais vise à caractériser ce qui fait le propre de l’homme, à définir les qualités spécifiques de l’engeance humaine,  les  caractères particuliers de l’humain. Comme toute définition, il veut s’opposer à d’autres valeurs ; d’abord à celles que recouvre le terme immanis ( monstrueux, cruel, bestial…) chargé de la négation de toutes les valeurs humaines (34), mais aussi à celles que définit virtus qui englobe toutes les vertus mâles de courage et d’énergie.

A cette époque, l’humanitas cicéronien sera porteur de quatre perspectives: «une facilité dans les rapports interpersonnels (civilité, politesse, affabilité, bon  gré…) ;  une idée de l’homme comme genre d’êtres naturels porteurs de valeurs dont la monstruosité  sous toutes ses formes consacre la négation ; un sentiment d’attachement et de devoir de solidarité envers les autres membres de l’espèce ; enfin, une définition de l’humain par ses œuvres formant une culture. » (35)

En définitive, l’expression humanitas réunit en deux sous-ensembles les caractéristiques reconnues à l’homme: d’une part, celles qui se rattachent à « une qualité de cœur et d’âme qui place l’homme si haut » (36) et, d’autre part, celles qui résultent de la culture générale de l’esprit. Il est incontestable que l’humanitas est associée par Cicéron à la culture littéraire, mais il ne la réduit pas pour autant à cela, et il faut donner tort à Aulu-Gelle (37) quand il en fait le seul sens véritable du mot. Il est certain que Cicéron a encouragé une pratique assidue des lettres, grecques et latines – ce qui rend l’homme pleinement homme – mais il a, d’abord et avant tout, appareillé la nature humaine à la bienveillance, la politesse des mœurs, le savoir-vivre et à un grand nombre de qualités altruistes.

(1)    François PROST, Humanitas : originalité d’un concept cicéronien, in Philosophies de l’Humanisme, L’Art du Comprendre, 2006 – n°15 – Deuxième série, p.31.

(2)    ENCYCLOPEDIE LAROUSSE, Humanisme.

(3)    « Le terme d’« humanisme » est aujourd’hui un de ces mots dont on aurait du mal à préciser le sens. La main sur le cœur, bien des apôtres du système humanitaire aiment se faire acclamer comme humanistes par l’opinion médiatique. La revendication pléthorique des droits se voit aussi consacrée au nom de l’humanisme. Comme l’homme, d’une certaine manière, parle toujours de l’homme, toute manifestation morale ou politique peut être qualifiée d’humaniste. Les pouvoirs religieux, eux-mêmes, se targuent d’être les fondements d’une civilisation humaniste. La soif de séduction populaire les presse d’occulter la suzeraineté de leur dieu sur l’homme. » Philippe FORGET, Humanisme et formation de l’humanitas, in Philosophies de l’Humanisme, L’Art du Comprendre, 2006 – n°15 – Deuxième série, p.7.

(4)    Philippe FORGET, Humanisme et formation de l’humanitas, in Philosophies de l’Humanisme, L’Art du Comprendre, 2006 – n°15 – Deuxième série, p.8.

(5)    « Orchestré par un certain compassionisme social ou politique le leitmotiv de « l’humanisme » tambourine à nos oreilles, par medias interposés ». Philosophies de l’Humanisme, L’Art du Comprendre, 2006 – n°15 – Deuxième série, Introduction.

(6)    Philippe FORGET, Humanisme et formation de l’humanitas, in Philosophies de l’Humanisme, L’Art du Comprendre, 2006 – n°15 – Deuxième série, p.7.

(7)    Tous les ouvrages qui ont permis la réalisation de ce texte ne peuvent être cités. On mentionnera toutefois : Le Grand Robert de la langue française, deuxième édition dirigée par Alain REY et le Dictionnaire Historique de la langue française, édition 2010, sous la direction d’Alain REY.

(8)    « L’humanisme moderne est une doctrine qui, appuyée solidement sur le réel, ou ce qu’elle croit tel, entend élucider les problèmes que la conscience se pose, et les élucider seule, en dehors de toute intervention religieuse (…) elle veut utiliser à de telles fins les découvertes scientifiques, et, en somme, expliquer l’homme par l’homme seul. » Daniel ROPS, le Monde sans âme, V, p. 144.

(9)    « Par humanisme, on peut entendre une théorie qui prend l’homme comme fin et comme valeur supérieure. » Jean-Paul SARTRE L’Existentialisme est un humanisme, p. 90.

(10) « Mouvement d’esprit représenté par les « humanistes » de la Renaissance, et caractérisé par un effort pour relever la dignité de l’esprit humain et le mettre en valeur, en renouant, par-dessus le moyen âge et la scolastique, la culture moderne à la culture antique » André LALANDE, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, 1927.

(11)    « L’humanisme oppose donc au formalisme grandissant de la scolastique une culture plus vivante, un ensemble d’études plus humaines, « humaniores disciplinae ». Par lui se répand le meilleur de la sagesse antique. Fort de la philosophie païenne, il aide à secouer le joug de la théologie et révèle au monde des idées pures (…) à l’esprit de soumission, il substitue l’esprit d’examen, le goût de la recherche critique. De là un vaste effort de rénovation spirituelle et esthétique. » René JASINSKI, Histoire de la littérature français (1947), t.I, p. 115.

(12)    « Le mot « humanisme » est parfois récusé par les historiens, car il n’apparaît que tardivement, dans les années  1760,  avec  un  sens  propre  à  cette  époque,  (« amour  de  l’humanité »).  En  revanche,  le  terme
« humaniste » est employé au XVIè siècle ; il vient d’un mot italien courant à la fin du Moyen Âge, umanista,
« professeur de lettres classiques ». Il désigne tous ceux qui veulent mettre au premier rang les studia humanitatis (expression empruntée à Cicéron), les « humanités », l’étude des langues et des cultures de l’Antiquité, avec ses auxiliaires, la philologie et la grammaire. Noël Béda, syndic de la faculté de théologie de Paris, écrit dans la préface de ses Annotations contre Lefèvre et Erasme (1526) que ses adversaires se donnent eux-mêmes ce nom : « suis se verbis jactitant humanistae ». Collectif, La France de la Renaissance, Histoire et dictionnaire, Bouquins, Robert Laffont, p.875.

(13)    « Une culture générale, vraiment digne de ce nom devra toujours comporter, en dehors de l’acquisition des connaissances scientifiques, une réflexion approfondie sur la complexité de la personne humaine et les divers aspects qu’elle présente, une initiation aussi à l’art de sentir et de vouloir. C’est là l’essence de l’humanisme et la signification même de ce mot. Un humanisme moderne, même s’il doit devenir tout à fait indépendant de la culture gréco-latine, devra conserver ce caractère et pour cette raison il devra toujours réserver une place importante aux études littéraires. »Louis DE BROGLIE, la Culture scientifique, in Nouvelles Perspectives en microphysique, p. 249.

(14)    « Humanitaire (…) veut dire : homme croyant à la perfection du genre humain et travaillant de son mieux, pour sa quote-part, au perfectionnement dudit genre humain. ». Alfred. DE MUSSET, Lettres de Dupuis et Cotonet – 2è lettre, 25 nov. 1836

(15)    « (…) il faut une part de réalisme à toute morale (…) la vertu toute pure est meurtrière ; et (…) une part de morale à tout réalisme : le cynisme est meurtrier. C’est pourquoi le verbiage humanitaire n’est pas plus fondé que la provocation cynique. » Albert CAMUS, l’Homme révolté, p. 366.

(16)    « L’adversaire de Julien était un académicien des Inscriptions, qui, par hasard, savait le latin (…) il trouva en Julien un très bon humaniste n’eut plus la crainte de le faire rougir, et chercha réellement à l’embarrasser. » STENDHAL. Le Rouge et le Noir, II, II.

(17)    « Il (le terme d’humanisme) a désigné tout d’abord, dans l’esprit de ceux qui l’ont inventé, une attitude intellectuelle qui, historiquement, s’était manifestée au temps de la Renaissance (…) Il s’agissait, au début, d’une discipline de l’intelligence plutôt qu’une conception philosophique. Le mot se rattachait étroitement à un autre, voisin par l’étymologie : les humanités (…). L’humaniste était, dans cette vue, l’homme qui a cultivé son esprit, qui a extrait de certaines disciplines (en particulier de celles qu’enseigne l’étude des langues anciennes) des principes de pensée » Daniel ROPS, Ce qui meurt… II, p. 49-50.
(18)    « Le mouvement humaniste se précise à Paris dès le dernier tiers du XVè s. Puis les guerres d’Italie (à partir de 1494) révèlent les splendeurs d’une éclatante civilisation » René JASINSKI, Histoire de la littérature française (1947), t.I, p. 119.

(19)    « Plus on étudie cette période (le moyen âge), plus on se rend compte de la richesse humaniste qu’elle contient (…) » Daniel ROPS. Ce qui meurt…, II, p. 52.

(20)    « Si les marxistes peuvent se prétendre humanistes, les différentes religions, les chrétiens, les hindous, et beaucoup d’autres, se prétendent aussi et avant tout humanistes, et l’existentialiste à son tour, et d’une manière générale toutes les philosophies. Actuellement, beaucoup de courants politiques se réclament également d’un humanisme. » Pierre NAVILLE cité par Sartre, l’Existentialisme est un humanisme, p. 118.

(21)    « (…) chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition. » MONTAIGNE, Essais, III, II.

(22)    « Rieux n’avait plus devant lui qu’un masque désormais inerte où le sourire avait disparu. Cette forme humaine qui lui avait été si proche (…) brûlée par un mal surhumain (…) Albert. CAMUS, la Peste, p.311

(23)    « Frères humains qui après nous vivez, N’ayez les cœurs contre nous endurcis (…)» François VILLON, L’épitaphe de VILLON.

(24)    « Un être humain, comme n’importe quel animal ou végétal, reçoit de ses parents un certain héritage substantiel, un certain patrimoine héréditaire. » Jean ROSTAND, l’Homme.

(25)    « Les renseignements que fournissent les ethnographes sur la forme primitive de la société humaine sont terriblement contradictoires . » Simone DE BEAUVOIR, le Deuxième sexe, I, p. 107.

26)    « Le seigneur Harpagon est de tous les humains, l’humain le moins humain (…). » MOLIERE, L’Avare, II, 4.

(27)    « Qui sait combien d’enfants périssent victimes de l’extravagante sagesse d’un père ou d’un maître (…). Hommes, soyez humains, c’est votre premier devoir (…). Jean-Jacques ROUSSEAU, Emile, II.

(28)    « Puisque entre humains ainsi vous vivez en vrais loups (…) » MOLIERE, le Misanthrope, V,1.

(29)    « Sans doute vos chrétiens, qu’on persécute en vain, Ont quelque chose en eux qui surpasse l’humain (…)» CORNEILLE, Polyeucte, V, 6.

(30)    « (…) ranimer le culte de l’humain sous le mode universel (…) ». Julien BENDA, la Trahison de clercs, p.238

(31)    « Un héros doit être humain. Napoléon fut humain (…) il était violent et léger ; et par là profondément humain. Je veux dire semblable à tout le monde ». Anatole FRANCE, Le Lys rouge, III.

(32)    Le mot a désigné les parties sexuelles du XIIIè (1244) jusqu’au XVIè s.; Rabelais emploie petite humanité pour « pénis » (1564). Une autre acception concernait une autre caractéristique de l’homme, les biens du monde terrestre (vers 1270).

(33) « C’est un sentiment de bienveillance pour tous les hommes, qui ne s’enflamme guère que dans une âme grande et sensible. Ce noble et sublime enthousiasme se tourmente des peines des autres et du besoin de les soulager ; il voudrait parcourir l’univers pour abolir l’esclavage, la superstition, le vice, et le malheur. » L’Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT (1751-1772).

(34)     François PROST, Humanitas : originalité d’un concept cicéronien, in Philosophies de l’Humanisme, L’Art du Comprendre, 2006 – n°15 – Deuxième série, p.32.

(35)    Ibidem.

(36)    « (…) Cette qualité de cœur et d’âme qui place l’homme si haut.(…) » Maurice LA CHÂTRE, Nouveau dictionnaire universel (1865-1870).

(37)    «Ceux qui ont créé les mots latins et qui en ont fait un usage correct ont appelé humanitas à peu près ce que les Grecs dénomment Paideia et nous instruction et formation dans les “bons arts„. Ceux qui y aspirent et les recherchent avec sincérité, ceux-là sont pleinement humains. Car le soin et la pratique de cette science n’a été donnée qu’à l’homme, seul entre tous les êtres vivants, et c’est pour cette raison qu’on l’a appelée humanitas. ». AULU GELLE (v.115-120 av..J.C.-180), Nuits Attiques (Noctes Atticæ).